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Il y a des comics qui nous attirent au premier coup d’œil. Ce fut le cas pour moi avec le numéro 1 de Lady Killer. Cette femme au foyer tueuse à gages, aux apparences de mère de famille, fait preuve d’un sang froid immuable lorsqu’il s’agit de remplir un contrat et d’atteindre sa cible. Si en plus de délivrer un message sur le style de vie de la femme des années 40/50, ce livre met en scène une vision de l’assassinat très moderne, c’est bien le style graphique qui nous permettra de nous immerger totalement dans cette histoire.

La forme :

Une nouvelle fois, c’est Glénat Comics qui rafle cette licence pour l’éditer en France, puisqu’aux USA c’est le célèbre Dark Horse qui s’en charge. Comme à son habitude, Glénat s’applique sur l’apparence de son bouquin, et même si la tranche reste blanche (j’ai l’impression que c’est en quelque sorte leur marque de fabrique puisqu’on la retrouve sur beaucoup de leurs livres), la couverture est soignée et met réellement en avant le travail des artistes.

Contrairement à Lady Mechanika, dont je vous ai fait la critique ici, je n’ai pas observé de grosses erreurs dans la traduction ou dans le placement des bulles. Un bon point donc. Les impressions sont de très bonne qualité et les petites taches d’encres disséminées un peu partout autour des planches rendent vraiment du plus bel effet. On a l’impression d’avoir un comics d’époque entre les mains. Quant au format, il est légèrement plus grand que celui de Lady Mechanika (un format plus proche de celui de Lazarus).

Le fond (SPOILERS) :

Entrons dans le vif du sujet avec le scénario de cette production. Le personnage principal est une femme stéréotypée des années 40/50 du nom de Josie Schuller. Cette dernière, si elle apparaît en public et aux yeux de sa famille comme l’épouse et la mère parfaite, est en fait une tueuse à gages travaillant pour une organisation secrète (dont je ne me souviens pas avoir lu le nom) dirigée par le bourru et non moins misogyne, Mr Stenholm. Son contact direct dans l’organisation est le cher Mr Peck (désolé je ne peux pas m’empêcher de penser au film Willow), et c’est ce dernier qui supervise le travail de Josie.

La famille réunit tous les stéréotypes que l’on peut s’imaginer, avec le mari niais au possible et qui ne remarque rien de bizarre chez sa femme, les enfants pleins de joie et la grand-mère soupçonneuse avec un fort accent allemand (quand elle ne s’exprime pas en allemand directement). Josie remplie ses missions avec brio jusqu’au jour au monsieur Stenholm lui confie en personne une mission spéciale : abattre un enfant qui à vu ses parents se faire abattre et qui en sait trop.

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Josie préfère ne pas remplir cette mission et se fait donc poursuivre par Mr Peck qui a comme but de l’exécuter (de toute façon, même si elle avait réussi sa dernière exécution, Peck aurait dû l’exécuter car Josie devenait un poids pour Stenholm). Je ne vais pas entrer dans les détails, mais notre héroïne (si si, j’ose le dire) va réussir à tuer Peck et laissera l’un de ses anciens amis  vindicatif (et je ne parle pas des panneaux) torturer à mort Mr Stenholm. À la fin du livre, Josie pense donc s’être tirée d’affaire et pouvoir se mettre à son compte plutôt que d’être liée à une organisation.


Pour ma part, j’ai trouvé cette histoire intéressante mais manquant clairement de profondeur. Elle est bourrée de stéréotypes propres à cette période de l’histoire américaine et c’est totalement voulu puisque les auteurs en jouent. Josie reste quand même assez froide et on a du mal à s’attacher au personnage. J’ai presque envie de dire que le personnage qui m’a plu le plus c’est ce sale type qu’est Mr Peck, notamment pour son humour noir et son rôle de machiste avec lequel il arrive à s’amuser. Dommage de le voir disparaître dans le premier tome. Cet ouvrage est également assez gore, ce qui va très bien avec le côté kitsch de la licence.

Le dessin quant à lui est excellent et vraiment en adéquation avec le style du livre. Aucun réel défaut ne m’a sauté aux yeux et Glénat Comics effectue là un sans-faute. Même si l’histoire n’est pas vraiment marquante, c’est surtout sur la société de l’époque que cherchent à s’intéresser les auteurs tout en montrant que les femmes fortes étaient déjà là et qu’elles ne sont pas apparues il y a seulement quelques années. J’attends donc vivement le tome 2 pour voir où l’histoire va nous mener, même si mon avis reste mitigé sur le long terme.

Points positifs :

  • Un produit sans défaut signé Glénat Comics ;
  • Un style graphique excellent, en parfaite harmonie avec l’époque ;
  • La société de l’époque dépeinte dans ses moindres défauts ;
  • Un côté kitsch qui se marie à merveille avec le gore ;
  • Une Desperate housewife serial killeuse, c’est cool ;
  • Un bon rapport qualité-quantité / prix (136 pages pour une quinzaine d’euros).

Points négatifs :

  • Une histoire qui manque de profondeur pour le moment ;
  • Des personnages peu charismatiques ;
  • Peut-être un peu trop téléphoné ?

[IMAGES PERSONNELLES]