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Il y a trois types d’univers dont je suis vraiment fan, que ça soit pour les livres, les films, les séries TV ou les comics : la SF spatiale (space opera), le post apocalyptique et le steampunk. Joe Benitez est un célèbre auteur et illustrateur de comics américain. Il a notamment travaillé pour DC comics et inaugure ici une production personnelle : Lady Mechanika. Cette  femme mi-machine mi-humaine (et re mi-machine derrière #Kaamelott) en quête de ses origines va mener l’enquête dans un monde splendide, avec l’aide de son acolyte Mr Lewis. Voyons ensemble quelles impressions m’a laissé ce comics édité par Glénat Comics.

Si je ne dis pas de bêtises, le premier numéro de ce Lady Mechanika est sorti aux USA en août 2010, et il aura fallu attendre donc près de 6 ans pour voir le premier tome (regroupant les numéros 0 à 3) arriver dans nos contrées. Pour ma part j’ai découvert ce comics lors du Free Comics Books Day (FCBD pour les intimes) dans la boutique « Centrale Comics » à Bercy village. Je vous recommande d’ailleurs fortement cette dernière qui est dotée d’une équipe au top. Lors de ce jour spécial, j’ai pu mettre la main sur le numéro 0 de Lady Mechanika qui avait été traduit en français spécialement pour l’occasion.

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La forme :

Si jusqu’à maintenant je ne vous avais présenté que deux maisons d’édition, à savoir Urban Comics et Omaké Books, en voici une troisième, j’ai nommé Glénat Comics. Si Glénat est un éditeur ancien (1980) et très connu dans le monde du manga, Glénat Comics est une branche orientée comics comme son nom l’indique et qui publiait les œuvres traduites de DC Comics et Marvel Comics dans les années 90. Aujourd’hui, la maison d’édition se relance avec de nombreux comics « indies » qui font forte impression comme Evil Empire, Nailbiter, Lady Killer ou encore Lady Mechanika.

Pour ce qui est de la qualité globale du produit, je trouve que c’est vraiment du bon boulot. La finition n’a rien à envier à Urban ou Delcourt. La couverture est rigide et solide, les impressions des pages sont de très bonne facture et le prix est correct. Compter 12.99€ pour ce premier tome qui fait 112 pages, là où la moyenne est de 15 € pour 130 pages (soit environ 11 centimes la page). En tout cas j’ai pas mal de comics de Glénat dans ma liste, donc soyez sûr que j’en reparlerai. Enfin, à la fin du livre, on retrouve une partie bonus, souvent présent dans ce type de recueil de comics, avec les couvertures des différents numéros sorties aux USA et de leurs variantes. Je regrette cependant quelques erreurs d’édition comme des bulles interverties ou encore des problèmes de conjugaison (exemple : Veinards que nous êtes).

Le fond (SPOILERS) :

Pour résumer rapidement l’histoire, nous suivons l’aventure d’une jeune femme nommée Lady Mechanika. Cette dernière, qui tient son nom de la ville centrale de l’histoire, vit dans un univers steampunk et est à la recherche de réponse concernant ce qui lui est arrivé. En effet, elle s’est retrouvée physiquement modifiée par un individu dont on ignore plus ou moins l’identité. Elle est désormais mi-femme mi-machine, possède une force surhumaine et cherche par tous les moyens à comprendre ce qu’il s’est passé.

Dans l’épisode 0 dont j’ai parlé, offert lors du FCBD, on découvre le personnage principal mener son enquête dans des sous-terrains en traquant une créature cybernétique. Elle est alors amenée à affronter une bande armée et remporte son combat en estropiant leur meneur. On découvre que ce Lord Blackpool est le dirigeant d’une entreprise technologique ayant le monopole à Mechanika. Il y mène également des expériences et Lady Mechanika le soupçonne d’être à l’origine de son changement morphologique.

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Dans le chapitre 1, on suit la mésaventure d’une très jeune femme qui fuit une bande de mercenaires afin de protéger sa vie. Elle se fait tirer dessus pendant sa cavale par les hommes aux ordres d’un autre personnage féminin central, le commandant Winster. Elle arrive finalement à les distancer et à arriver en ville où elle décédera de ses blessures… tout du moins c’est ce que l’on pense. Lady Mechanika, très intriguée par le tapage qu’aura provoqué cette histoire ira examiner le corps de la jeune fille et se rendra compte que cette dernière possède des modifications corporelles semblables aux siennes. Elle se mettra en quête de ce qui lui est arrivé en espérant remonter au responsable qui aura fait de celle-ci, une femme mécanique.

Au cours de son périple, elle ira dans un camp de gitan, accompagnée de Mr Lewis, afin de comprendre pourquoi la défunte possédait un bijou de chez eux. Elle se rendra compte qu’il s’agit de la fille disparue de l’un des membres du cirque. Lady Mechanika pense que Lord Blackpool n’est pas étranger à l’histoire et soupçonne également un homme mystérieux nommé Cain ou encore l’Ingénieur, lorsque celui-ci kidnappe le cadavre de la jeune fille.

On finit l’histoire pendant la fête de la ville réunissant toutes les plus grosses inventions du moment. Moment que Lord Blackpool choisit pour présenter son nouvel « hélico-kark », sorte de ballon dirigeable géant. Cette machine intrigue notre héroïne, qui l’identifie comme étant le possible endroit où notre jeune gitane aurait pu subir ses modifications.

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Je trouve cette histoire vraiment intéressante. Elle met en place une héroïne pas si « héros » que ça, un comparse un peu torturé (Mr Lewis), un grand méchant (Lord Blackpool), une méchante qui a un passé commun avec Lady Mechanika (le commandant Winster) et un mystérieux personnage qui serait le savant à l’origine de la robotisation de créatures vivantes (l’Ingénieur). L’histoire s’installe avec une intrigue en double teinte, à savoir d’une part les questions sur les origines de ces modifications humaines, et d’autre part la rivalité entre les deux femmes fortes de l’histoire. Finalement, l’histoire traite habillement de deux sujets qui nous concerne à savoir l’acceptation de changements douloureux et le fait d’arriver à les surmonter, mais également les différences entre la multitude de castes de la société. Une belle quantité d’informations sont à notre disposition dans ce premier tome même si on pourrait rester quelque peu sur sa faim (112 pages, c’est un peu léger, surtout quand on retire les pages d’artworks).

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Pour ce qui est de la partie graphique, il s’agit là d’un véritable chef-d’œuvre pour qui aime l’ambiance steampunk. Des dessins détaillés, une coloration parfaite et certaines doubles pages bien pensées. Cet univers à tout pour séduire les fans d’univers à vapeur post-industriel. Certains personnages sont très charismatiques (je pense notamment à la fille du professeur Littleton), et d’autres très mystérieux (l’Ingénieur qui n’apparaît de dos que sur deux ou trois images dans ce premier tome). Quoi qu’il en soit, je vous le conseille fortement et j’attends avec impatience le deuxième tome qui devrait paraître en octobre prochain.

Points positifs :

  • Un travaille de Benitez assez exceptionnel sur la partie graphique ;
  • Une coloration excellente de la part de Steigerwald ;
  • Un premier tome qui arrive à poser l’histoire et nous tenir en haleine ;
  • Un produit aux finitions irréprochable signé Glénat Comics ;
  • Des personnages marquants.

Points négatifs :

  • Une histoire peut-être déjà vue (une personne physiquement modifiée, qui a perdu la mémoire et cherche ses origines) ;
  • 112 pages, c’est peut-être un peu léger (même si le prix compense cela) ;
  • Quelques erreurs de relecture de la part de Glénat Comics.

[IMAGES PERSONNELLES]