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Dans la série critique de comics, voici l’une des sagas SF du moment menée par l’un des maîtres de la scène comics, j’ai nommé Rick Remender. Pour donner un synopsis (sans spoil), il s’agit d’une bande de scientifiques anarchistes qui met au point une machine appelée « pilier » et qui leur permet de voyager dans l’espace-temps et ainsi d’aller dans différents univers parallèles. Malheureusement, lors du premier voyage tout ne se passe pas comme prévu et l’équipe va devoir faire face à des mondes bien plus hostiles que prévu. Une vraie épopée à découvrir dès maintenant.

Tout d’abord, il est difficile pour moi de faire une réelle critique de fond dans le sens où je ne connais de Remender, que le célèbre Fear Agent et le premier tome de Uncanny X-Force. Du coup, vu que c’est la deuxième oeuvre de sa part que je lis (Low et Tokyo Ghost sont également prévus dans ma lecture), je ne peux que faire une critique sans réelle base de comparaison avec son travail global. Comme pour le comics de The Last of Us, je vais donc traiter dans un premier temps la forme puis ensuite le fond. Il est fort probable que pour les tomes suivants, je ne parle pas de la forme puisque c’est le même éditeur et donc la même finition et le même type de contenu.

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La forme :

C’est avec cette saga que j’ai pu découvrir l’excellente maison française d’édition Urban Comics (C’est Image Comics qui s’occupe de la saga aux USA). Et quel plaisir de découvrir aussi bien le format utilisé, qui tient bien en main sans prendre trop de place, que la finition de l’ensemble. Niveau format, il faut dire qu’il s’avère que c’est à peu de chose près la norme pour ce type d’album quelque soit l’éditeur, mais avant j’avais plus souvent acheté des albums Deluxe dans des formats beaucoup plus massif, donc ce fut une bonne surprise.

Niveau quantité, on a donc 176 pages en incluant 6 pages d’artworks, une double page de préface de James Robinson et une postface d’une page de Remender. Autant dire que pour une quinzaine d’euros, on est largement au-dessus de ce que nous proposait Dark Horse avec The Last of US (et donc Omaké Books pour la version FR).

En terme de finition, on a donc un livre cartonné mat, qui fait le travail et nous permet d’éviter ainsi les couvertures souples (oui personnellement je ne suis pas fan du softcover). Enfin, le dessin en façade représente peu ou prou l’univers principal dans lequel nos héros vont évoluer pendant cet épisode. A l’arrière nous avons un petit résumé de l’histoire ainsi que des activités des réalisateurs du livre (scénariste, dessinateur, coloriste).

Le fond (SPOILERS) :

Avec Rick Remender au scénario, nous sommes servis en terme d’histoire. Entre voyages dans d’autres dimensions (thématique déjà abordée lors de Fear Agent), sabotage, tromperie et combats contre d’autres versions de soi même, on est gâté. Si Remender ne mène pas trop mal sa barque selon moi, il peut y avoir quand même quelques moments brouillons, je pense notamment au fait que les personnages sont plus ou moins introduits sans réel ordre et qu’il peut nous arriver de nous demander qui est qui et qui fait quoi. Or mis ce petit bémol, je trouve que le reste du scénario est clair et tout est fait pour ne pas rendre facile la vie des personnages.

Grant, le père des deux enfants et meneur du groupe scientifique, les amène dans cette aventure alors que leur mère est restée dans leur monde d’origine. Ce même Grant qui vit une aventure avec l’une des membres du groupe. Sans compter le vilain capitaliste arriviste qu’est Kadir et qui est à l’origine du sabotage de la machine temporelle. Les rencontres seront nombreuses entre un monde reptilien (salut Sylvain Durif !), un mixe entre première guerre mondiale (ben oui, il faut bien des Allemands pour faire les méchants) et des Indiens d’Amérique version transformers, un monde autour du Far West ou encore une planète dominés par des grands singes blancs possédés par des esprits lumineux. Bref vous l’aurez compris c’est vaste et recherché. Notre cher Grant sera même opposé à une version de lui alternative qui en a après ses enfants.

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Niveau dessin, Matteo Scalera fait des merveilles. Les dessins sont très détaillés, nets et ne font preuve d’aucune bavure. Si on associe à ça une couleur vraiment exceptionnelle, on a vraiment un comics aussi agréable sur l’histoire que sur le visuel. Autant dire que les tomes s’engloutissent assez rapidement, d’autant que le rythme est assez effréné tout au long de la lecture. Chaque action à des conséquences qui abîme toujours un peu plus l’oignon de l’espace-temps, nos amis sont donc prévenus.


Pour résumer, je dirais que malgré un petit aspect brouillon sur l’introduction des personnages, l’histoire est vraiment intéressante. Elle nous fait voyager dans des univers totalement différents, où chaque peuple d’autochtones a son propre langage, ajoutant à l’immersion. L’histoire se pose avec ce premier tome, mettant en lumière certaines trahisons, et posant encore plus de questions sur l’origine du pilier. Le visuel est sublime, il n’y a rien à redire si ce n’est que c’est un véritable plaisir pour les yeux. Urban Comics nous fourni là un très bon produit, complet et de qualité. Pour 15 €, si vous êtes fan de SF et de comics, sautez dessus, surtout si vous connaissez Rick Remender.

Points positifs :

  • Un produit avec un bon contenu et de bonnes finitions ;
  • Une histoire super attrayante et complète signée Rick Remender ;
  • Des dessins et des couleurs vraiment sublimes ;
  • Une saga qui s’annonce énergique et de longue haleine.

Points négatifs :

  • Une introduction des personnages un peu brouillon.

[IMAGES PERSONNELLES]