The Last of Us - 2

Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle section de mon blog qui sera destinée à la critique de comics. En effet, en plus d’être fan d’artbooks, j’aime énormément les comics, et même si cela ne fait que quelques mois que j’ai vraiment commencé à agrandir ma collection, j’en lis déjà depuis pas mal d’années. Après avoir entamé plusieurs sagas, je me suis dit que j’aimerai bien donner mon point de vue perso sur mes lectures, et que vous pourriez donner également votre avis en commentaire ! Lançons-nous donc avec ce premier comics, sorti récemment en français et tiré d’une célèbre licence PlayStation : The Last of Us – American Dreams.

 Pour traiter les comics, j’ai choisi le schéma suivant constitué de deux étapes. La première sera de parler de la forme puisque c’est l’aspect visuel qui attire en premier notre œil dans un comics. Cela permettra de parler du travail de l’éditeur, car la réalisation de l’éditeur peut être bonne sans pour autant que le contenu soit de qualité, et inversement. Ensuite, je m’attaquerai au fond et à ce que vaut, toujours selon moi, le contenu réel du comics en question.

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La forme : 

Commençons donc avec la partie conception du comics en lui même. L’éditeur français qui a obtenu les droits de traduction/diffusion n’est autre qu’Omaké Books dont je vous avais présenté le travail ici avec le livre « Uncharted 4 : l’artbook officiel ». Un résultat très qualitatif sur la saga du célèbre aventurier. Pour ce livre, la même recette gagnante a été appliquée. En effet, la couverture est d’un cartonné solide et épais, avec des reflets brillants (là où les comics sont souvent mat) qui rajoutent au côté « tape à l’œil » du bouquin. Aux USA, c’est Dark Horse qui est chargé de la distribution de la VO.

Contrairement à l’artbook d’Uncharted, où j’avais reproché la pollution visuelle de certaines annotations en français sur la couverture, ici seul un petit texte « édition française » est présent en haut à gauche du livre. Cela permet de garder un aspect très proche de la version originale. L’impression des pages est très bonne, la traduction n’est pas mauvaise même si certaines bulles refermant beaucoup de texte peuvent être difficilement lisibles sans forcer, dû au choix de la police d’écriture.

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En prime de la commande, il est possible de recevoir en cadeau deux cartes postales imprimées recto verso à l’image du comics ainsi qu’une petite carte d’informations sur le livre. Personnellement cette dernière m’aura surtout servi de marque-page. En bref, Omaké Books a encore fait du très bon boulot et j’espère les voir plus souvent à l’avenir récupérer des licences connues pour les retranscrire dans notre langue.

Le fond (SPOILERS) :

Je l’ai indiqué en lettre majuscule, cette partie va traiter du fond du comics, et donc il y aura forcément du spoil, alors si vous ne voulez pas être spoilé, passer votre chemin. Comme le titre du livre et l’image de couverture l’indiquent, ce comics (sorti en VO en 2013) traitera de la relation entre Ellie, l’héroïne du jeu original, et Riley dont nous avons fait la connaissance dans le DLC solo nommé Left Behind et sorti en 2014. Pour vous situer, l’histoire de ce comics se passe avant Left Behind puisqu’il nous explique comment se sont rencontrées les deux gamines.

Et c’est là que le bât blesse… Je ne vais pas y aller par 4 chemins, le contenu est vide. Et ce n’est pas le nombre de pages qui va aider pour compenser. En effet, le livre contient moins de 120 pages, dont 2 pages d’artworks. Ce qui est assez maigre quand on considère que des comics de la même gamme tarifaire (15 €) font généralement dans les 130/140 pages et contiennent 5/6 pages d’artworks.

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Pour faire simple, l’histoire pourrait se résumer de la manière suivante :

Ellie vit dans un camp de survivant où on l’embête à l’école. Riley est la nana dure à cuire qui vient la défendre et tape l’amitié. Elles s’enfuient ensemble un soir pour rejoindre les lucioles (groupuscule bien connu des fans du jeu). Elles y arrivent, ont une petite altercation. Puis vient une pseudo révélation sur la mère d’Ellie et tout le petit monde s’en va et retourne à ses occupations.

Bien évidemment j’ai grossi les traits, mais c’est vraiment très proche. On doit voir 3 à 4 infectés en tout, et or mis les quelques insultes qui fusent, on est très loin de l’ambiance adulte/post-apo drama du jeu vidéo. La faute en partie au dessin, qui ont selon moi, des traits bien trop enfantins, presque cartoon et qui cassent complètement avec l’ambiance dark que veut accrocher la licence. C’est vrai que c’est le style de la dessinatrice chargé de ce comics, mais ça ne colle pas vraiment à ce que je recherchais pour ce type de licence. Qui plus est, les personnages semblent beaucoup moins charismatiques que dans le jeu et Ellie tourne plus petite insolente que gamine forte comme dans le volet d’origine.


Pour conclure, je dirai que si Omaké Books a fait du bon travail, le comics en lui même n’est pas passionnant. Il ne nous apprend pas grand-chose, manque de punch et est clairement trop tourné cartoon pour être convainquant dans le style où on aurait l’attendre. Le contenu est mince quantitativement parlant, et la qualité des informations livrées n’est pas exceptionnelle. De plus, la personnalités des deux protagonistes ne colle pas vraiment à celles qu’elles ont dans le jeu. Je dirai que ce livre est tout au mieux une introduction rapide au DLC Left Behind, qui est lui même un prologue à The Last of Us. Bref, pour 15 €, je ne vous le conseillerai pas, car pour ce prix, il y a bien d’autres lectures passionnantes. En revanche, pour une dizaine d’euros ou moins, je pense que ça vaudrait le coup ne serait-ce que pour vous initiez à la licence.

Points positifs :

  • La finition du livre et les cartes offertes par l’éditeur ;
  • La petite révélation sur les parents d’Ellie ;
  • Une histoire qui pourra faire découvrir la licence à certains.

Points négatifs :

  • Une histoire bien vide ;
  • Un type de dessin pas adapté à l’ambiance de la série originale ;
  • Moins de 120 pages pour 15 €, ça fait cher ;
  • Trop peu d’artworks pour une version hardcover (comprendre recueil de plusieurs comics en couverture rigide).

[IMAGES PERSONNELLES]