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Voici donc le dernier né de Sparth, Structura 3. Je ne vais pas ici refaire tout un discours sur qui est ce monsieur puisque je l’ai déjà fait dans ma critique du précédent volet : Structura 2, je vous invite donc grandement à vous y rendre afin de savoir plus en détail de qui il s’agit. Si la série des Structura est plus centrée sur le space opera, cela n’a pas empêché Sparth de s’aventurer sur d’autres sentiers, comme dans le numéro 2 où l’on pouvait observer des décors médiévaux. Dans notre artbook du jour, ce sera encore le cas puisque nous aurons le droit à quelques visuels orienté Asie et Moyen-Orient d’antan. Mais cela restera principalement de la SF – pour notre plus grand plaisir – avec, une fois encore, un clin d’œil à la fameuse saga Halo. Alors plutôt que de traîner, entrons directement dans le vif du sujet.

Tout d’abord, l’extérieur. Le format de ce numéro n’est pas le même que son prédécesseur. Là où Structura 2 avait un format plus petit, se rapprochant du carré, c’est un format plus classique qui aura été sélectionné pour ce 3e volet. Esthétiquement, c’est très semblable à ce qui a déjà été présenté. Un visuel représentant 3 images que nous pourrons retrouver à l’intérieur est présent, aussi bien sur la protection que sur la couverture, et ça laisse présager du bon. Niveau répartition du contenu, nous avons la disposition suivante :

  • Des avant-propos : quelques mots de Thom Tenery, connu pour ses nombreux concepts arts sur de nombreux projets, notamment le film Oblivion avec Tom Cruise où notre homme a designé de nombreux décors futuristes tels que l’intérieur de l’habitat des protagonistes du film ou encore certaines des machines (ces artworks en question étant disponibles ici). Il passera donc en revue son passé, sa relation avec Sparth et le travail qu’il aura effectué sur l’ouvrage présenté.
  • Une introduction de Sparth : tout comme le précédent volet, il revient sur le travail effectué sur le numéro de Structura présenté, ses sensibilités ainsi que les choses qui l’ont amené à créer de tels visuels futuristes.
  • Chapitre 1 : surnommé Vision, ce premier chapitre illustre énormément de vaisseaux en vol, allant parfois de l’ébauche visuelle, voire même l’esquisse, à un dessin 3D tellement réaliste que nous aurions l’impression que l’image va s’animer. Beaucoup d’artworks sont également centrés sur des mondes post-apocalyptiques, où l’ont peut voir des personnages, vêtus de façon peu conventionnelle, contempler des bâtiments, des bateaux ou tout simplement des décors en ruines. Cette partie fait un peu moins de 40 pages et regroupe principalement des visuels faits pour être intégré comme couverture de livres de SF (non disponibles en français) comme The Daedalus Incident de M.J Martinez ou encore Osiris: Book One of the Osiris Project de E.J Swift.
  • Chapitre 2 : arrive le chapitre 2, surnommé tout simplement Halo 4. Ayant travaillé plusieurs fois sur la saga Halo, il était évident que Sparth reviendrait dessus dans ce numéro de Structura, ne laissant à chaque fois, que quelques artworks afin de tenir en haleine ses fans. Ce sera donc des décors, des vaisseaux et des personnages que nous aurons la chance de pouvoir observer.
  • Chapitre 3 : nommée 30-minute art, cette partie est la plus importante de ce livre. Comme le dit Sparth lui-même lors de l’introduction, il s’agit d’un travail qu’il a voulu mettre en avant, ce sont à chaque fois des peintures rapides (réalisée chacune en une trentaine de minutes, d’où le nom du chapitre). Le travail est formidable, et même s’il n’est pas centré à 100 % sur de la SF space opera, on peut largement lui accorder le crédit de partir dans des univers avec des connotations différentes tant le spectacle est somptueux. Si certaines de ces peintures sont assez abstraites et peuvent laisser des traits « brouillons », d’autres disposent d’un niveau de détails assez impressionnant.
  • Chapitre 4 : ce chapitre, appelé Experimental and Graphic est, comme son nom l’indique, un recueil d’artworks assez conceptuel, parfois sur les couleurs, à d’autres moments sur les formes voire même en incluant certains éléments de décors inhabituellement positionnés (je pense notamment à des mini planètes en gravitation dans l’atmosphère d’une autre).
  • Tutorials : Cette dernière partie va regrouper un nombre assez important de conseils sur les méthodes de réalisation de ses créations. Il va donc reprendre des images présentes dans ce bouquin et expliquer avec des schémas, d’autres images et des mots, comment réaliser de tels chefs d’oeuvre.

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En conclusion, nous pouvons dire que Nicolas Bouvier ne perd pas la main entre deux productions et offre une fois de plus un livre au contenu d’une grande qualité. Même s’il s’autorise quelques variations de style et de contexte, il reste majoritairement centré sur de la SF spatiale, mais ces quelques bols d’air frais font du bien. Qui plus est, le tutoriel de fin ravira une fois de plus les apprentis designer et il serait donc bête de s’en priver. Il pourra vous arriver plusieurs fois de contempler une page pendant plusieurs minutes sans vous en rendre compte, en plongeant tout simplement dans ces univers. Certes, le contenu peut s’avérer parfois assez conceptuel, voire abstrait pour certains, même des livres de ce calibre étant rare, il serait dommage de ne pas mettre la main dessus.

Points positifs :

  • Un visuel extérieur sobre, mais contemporain ;
  • Un format plus adapté à ce type d’illustrations ;
  • Un contenu très riche ;
  • Des univers variés ;
  • Des peintures aussi bien proches de l’esquisse que de l’image de synthèse remplie de détails ;
  • Le tutoriel de fin qui donnerait presque envie de s’essayer au concept art.

Points négatifs :

  • On aimerait encore plus de contenu sur Halo et les différents jeux sur lesquels il a travaillé !

 [IMAGES PERSONNELLES]